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Virgin Galactic peut-elle vraiment revenir en 2026 ? Delta, prix et risques

Illustration éditoriale photoréaliste d'un avion spatial suborbital à double dérive planant au-dessus du désert du Nouveau-Mexique

Virgin Galactic a arrêté les vols commerciaux de VSS Unity en juin 2024 pour concentrer ses ressources sur une nouvelle génération d'avions spatiaux. Deux ans plus tard, la société affirme que son premier appareil Delta est en essais au sol, avec des vols planés visés au troisième trimestre 2026 et un premier vol spatial au quatrième.

Ce retour potentiel arrive à un moment inattendu : Blue Origin a suspendu New Shepard pour au moins deux ans afin de déplacer des ressources vers ses programmes lunaires. Virgin dispose donc d'une fenêtre pour redevenir le principal service américain consacré au tourisme suborbital. Encore faut-il terminer les essais, protéger sa trésorerie et prouver que Delta peut voler bien plus souvent que Unity.

D'abord, ne pas confondre les deux Virgin

Virgin Galactic construit des avions spatiaux pilotés, largués depuis un avion porteur au-dessus du Nouveau-Mexique. Ils montent en trajectoire suborbitale, offrent quelques minutes de microgravité puis reviennent se poser sur une piste. La société existe toujours et développe Delta.

Virgin Orbit lançait de petites fusées LauncherOne depuis un Boeing 747. Elle s'est placée sous la protection du chapitre 11 en avril 2023 et ses activités ont été liquidées. La faillite de Virgin Orbit ne signifie donc pas que Virgin Galactic a disparu ; les sociétés, les véhicules et les missions étaient différents.

Où en est réellement Delta ?

Au 18 juillet, les éléments publics les plus solides sont les suivants :

  • le premier nouvel appareil a quitté le hangar d'assemblage pour la zone d'essais ;
  • des essais au sol sont en cours ;
  • un article statique et un second appareil sont en fabrication ;
  • VSS Unity a repris des vols planés le 27 mai pour entraîner pilotes, maintenance et contrôle de mission ;
  • Virgin vise des vols planés du nouvel appareil au troisième trimestre, puis des vols propulsés vers l'espace au quatrième.

Le mot important est « vise ». Un essai au sol peut révéler un problème structurel, un vol plané un défaut de commande et un vol propulsé une difficulté thermique ou moteur. Un calendrier d'entreprise n'est pas une autorisation de transporter des clients.

Pourquoi Delta doit changer l'économie

Unity a démontré l'expérience : décollage sous un avion porteur, allumage du moteur-fusée, passage en microgravité, système de rentrée en configuration « feather » puis atterrissage sur piste. Sa cadence et sa maintenance n'ont toutefois jamais permis une activité de masse.

Virgin présente chaque appareil Delta comme capable de deux vols par semaine et de plus de 500 missions sur sa durée de vie. La cabine peut transporter jusqu'à six spécialistes de mission, ou combiner quatre personnes et des racks de recherche. Ces capacités sont des objectifs de conception tant qu'une flotte ne les a pas répétées.

L'économie dépend du nombre de vols par appareil, de la durée entre deux missions et du taux de remplissage. À 750 000 dollars le billet pour la série limitée rouverte en 2026, six sièges vendus représentent 4,5 millions de dollars de revenu brut théorique. Il faut encore payer les équipes, le moteur, l'avion porteur, les assurances, le spatioport et la maintenance. Une cabine chère mais immobilisée n'est pas une ligne aérienne.

La trésorerie impose une course contre le temps

Au 31 mars 2026, Virgin Galactic déclarait 251 millions de dollars en trésorerie, équivalents et titres négociables. Le premier trimestre affichait une perte nette de 65 millions, 54 millions de trésorerie consommée par l'exploitation et 40 millions de dépenses d'investissement.

Ces chiffres ne prouvent pas une faillite imminente, mais ils montrent la contrainte. Delta doit passer de la dépense de développement au revenu commercial sans glissement prolongé. Une augmentation de capital peut financer le programme, au prix d'une dilution des actionnaires. Pour le lecteur, le bon indicateur n'est pas le cours de Bourse quotidien : ce sont les mois de trésorerie disponibles face aux dépenses et aux jalons de vol.

Virgin contre Blue Origin : deux expériences très différentes

New Shepard décolle verticalement dans une capsule automatisée, franchit la limite de l'espace utilisée par l'opérateur puis redescend sous parachutes. Virgin décolle d'une piste sous un avion, accélère avec un moteur-fusée et revient en plané avec deux pilotes.

Blue Origin annonçait 38 vols, 98 personnes transportées et plus de 200 charges utiles avant sa pause. Virgin annonce 12 vols suborbitaux et 37 passagers et membres d'équipage pour sa génération précédente. Blue possède donc davantage de répétitions récentes ; Virgin pourrait avoir le marché temporairement libre si Delta est prêt avant le retour de New Shepard.

La concurrence ne se limite pas au tourisme. Les vols suborbitaux peuvent transporter des expériences de quelques minutes en microgravité. Cette activité est moins visible sur TikTok, mais elle peut remplir des missions avec des universités, des entreprises et des agences lorsque tous les sièges touristiques ne sont pas vendus.

Ce que « sûr » signifie dans le spatial commercial américain

La FAA autorise les lancements et protège le public au sol et dans l'espace aérien. Elle précise qu'elle ne certifie pas les véhicules spatiaux commerciaux comme sûrs pour leurs occupants de la même manière qu'un avion de ligne. Les participants doivent recevoir les informations sur les risques et donner un consentement éclairé. Le moratoire américain sur de nouvelles règles de sécurité des occupants court actuellement jusqu'au 1er janvier 2028.

Le bilan des essais doit donc être lu avec attention : nombre de vols planés, vols propulsés, anomalies, modifications entre deux appareils et temps de remise en vol. La célébrité du propriétaire ou le prix du billet ne remplacent pas ces données.

Les cinq preuves à attendre avant de parler de retour

  1. Premier vol plané de Delta, pas seulement de Unity.
  2. Vol propulsé complet, avec rentrée et atterrissage sans anomalie majeure.
  3. Licence et autorisations correspondant à la configuration commerciale.
  4. Deux missions rapprochées, pour vérifier la promesse de cadence.
  5. Deux appareils disponibles, afin qu'un problème n'arrête pas toute l'activité.

Le premier vol avec des employés ou invités démontrera une capacité. La vraie bascule commerciale arrivera quand des clients payants voleront à plusieurs reprises sans que chaque mission soit un événement exceptionnel.

Le verdict

Virgin Galactic a aujourd'hui un appareil en essais au sol, une équipe qui se réentraîne avec Unity et un calendrier clair vers le quatrième trimestre. Elle dispose aussi d'une occasion rare puisque New Shepard est en pause. Le projet est donc plus concret qu'une simple annonce.

Mais Delta n'a pas encore volé. Ses objectifs de deux missions par semaine, 500 vols par appareil et service commercial en 2026 restent prospectifs. Le scénario crédible n'est ni « Virgin est morte » ni « le tourisme spatial de masse arrive ». C'est une campagne d'essais serrée, financièrement contrainte, qui peut rouvrir un marché de niche très cher si les prochains mois se déroulent sans retard majeur.

✔ Comment nous avons vérifié

Les jalons, prix et données financières sont ceux publiés par Virgin Galactic ; ils sont signalés comme objectifs prospectifs. Le statut de New Shepard et le cadre de sécurité ont été vérifiés auprès de Blue Origin et de la FAA.

Sources

  1. Résultats du premier trimestre 2026Virgin Galactic
  2. VSS Unity reprend les vols planésVirgin Galactic
  3. Résultats annuels 2025 et billet à 750 000 dollarsVirgin Galactic
  4. New Shepard suspend ses volsBlue Origin
  5. Commercial Human Space FlightFAA
  6. Dossier de faillite Virgin OrbitSEC

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